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« Les aimer ne suffit pas » - Andy Booth

7 septembre 2026

Aimer les chevaux ne garantit pas leur bien-être. À l’occasion de la Journée Bien-Être Équin du Longines Equita Lyon, Concours Hippique International, le chuchoteur australien Andy Booth a développé une approche exigeante, fondée sur la connaissance, la lucidité et une remise en question constante des pratiques équestres.

Comprendre le cheval, plutôt que se rassurer soi-même. Aimer son cheval, c’est, pour beaucoup, déjà bien faire. Pourtant, cette conviction rassurante masque une réalité plus complexe. Car l’affect, s’il motive, ne suffit pas à comprendre un animal dont les codes nous échappent en grande partie.

Plus on apprend, plus on réalise qu’on n’a pas tout compris », prévient Andy Booth. Le cavalier doit alors accepter de… douter. Car le principal obstacle au bien-être équin tient souvent à une erreur fondamentale : celle de projeter sur le cheval des intentions humaines. « Le cheval n’a aucune notion morale de bien ou de mal. Il ne peut pas “faire exprès”.

En prêtant au cheval des émotions ou des intentions qui ne sont pas les siennes, l’humain croit interpréter, mais régulièrement se trompe. Ce décalage a des conséquences concrètes : des comportements mal compris, des réponses inadaptées, et parfois, une souffrance invisible. Pour Booth, le bien-être ne peut se réduire à une impression ; il suppose une lecture plus fine, fondée sur trois dimensions indissociables : mentale, émotionnelle et physique. Une exigence qui déplace le regard, du ressenti vers la compréhension.

 

 

Demo Andy Booth

 

 

Lucidité, compromis et responsabilité

Mais comprendre ne suffit pas. Encore faut-il accepter les implications de cette connaissance. Car vivre avec un cheval implique nécessairement des compromis. Entre ce qui serait idéal et ce qui est possible, l’écart est souvent réel. « Mon cheval m’a-t-il donné son consentement pour voyager sept heures en camion ? Absolument pas. Mais si je ne fais rien, rien n’avance non plus. » Cette lucidité oblige à reconnaître une vérité simple : la relation homme-cheval repose aussi sur des contraintes imposées. Plutôt que de nier ces tensions, l’enjeu est de les assumer ; non pas pour s’en exonérer, mais pour agir en conscience. C’est là que se joue une forme de responsabilité : savoir, mesurer, et décider en connaissance de cause. Entre laxisme affectif et autorité mal maîtrisée, une voie plus exigeante se dessine alors. Elle repose sur la rigueur, la cohérence et l’apprentissage. Car éduquer un cheval n’est pas une option : c’est une nécessité, pour sa sécurité comme pour celle des humains. Au fond, améliorer le bien-être équin ne relève ni de l’intention ni de l’image. C’est un chemin, fait de doutes, d’ajustements et de progrès. Une démarche qui demande d’abandonner les certitudes confortables pour construire une relation plus juste. Comme un rappel simple, presque évident :

« Pour bien vivre ensemble, il ne suffit pas de s’aimer. »

La prochaine Journée Bien-Être Équin du Longines Equita Lyon, Concours Hippique International, se tiendra le Jeudi 29 octobre dans l’après- midi. Elle aura pour thème :

« Bien-être pour nos chevaux séniors : regards croisés d’experts ».

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